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Salaire des dirigeants : pour une régulation par le dialogue social

jeudi 25 octobre 2018

BIEN COMMUN  TIRE DU SITE CFTC 

En France, en 2017, les dirigeants des entreprises cotées ont gagné 70 fois plus que le revenu français moyen.

Cet écart des salaires, moindre que celui d’autres pays européens (136 en Allemagne, 201 au Royaume-Uni), va croissant. Pour endiguer ce phénomène, qui compromet la cohésion sociale, un amendement de la Loi Pacte propose d’obliger les grandes entreprises à publier leurs écarts de salaire.

Depuis l’essor des sociétés industrielles, les écarts de salaire ont donné lieu à une littérature foisonnante, ainsi qu’à de nombreuses prises de parole, de la part des salariés, des employeurs ou de représentants politiques – que ce soit au nom de la morale ou de la cohésion sociale. Pourtant, rien n’a pu entraver l’augmentation progressive du différentiel des salaires, qui s’est imposée peu ou prou sans encombre.

Ainsi, le ratio moyen est aujourd’hui de 265 (salaire du dirigeant 265 fois plus élevé) aux Etats-Unis, qui battent la mesure dans un marché des grands patrons fortement mondialisé. De quoi rétroactivement faire passer pour de doux rêveurs les John Pierpont Morgan (fondateur de la holding financière JPMorgan Chase), Henry Ford ou John Davidson Rockefeller – ces grands patrons américains qui, à la charnière des XIXe et XXe siècles, recommandaient aux entreprises des ratios maintenus entre 1 à 20 et 1 à 40 !

Aux origines du grand écart

 

« [En 1970], le facteur multiplicatif entre le salaire moyen d’une entreprise et le salaire le plus élevé était de 20. Cette règle était très sage. Maintenant, on avoisine les 200. C’est extrêmement pernicieux. […] Il y a aujourd’hui une attention démesurée portée aux revenus et à la richesse. Cela détruit totalement l’esprit d’équipe. »
Peter Drucker, professeur et consultant américain influent, en 2000.