LUNDI 10 JUIN 2019
Santé au travail

Santé, sécurité et bien-être au travail sont des enjeux cruciaux pour les employeurs comme pour les salariés. La CFTC vous rappelle les points clés à ne pas ignorer.

La santé, la sécurité et le bien-être au travail sont des notions indissociables qui placent la qualité de vie du salarié au cœur du dialogue social. Les études menées ces dernières années ont ouvert la voie à une meilleure prise en compte de la santé et du bien-être des travailleurs. À plus de prévention aussi, grâce à des campagnes de sensibilisation et à la mise en place de mesures anticipant les risques. Pourquoi parle-t-on de “santé au travail” ? Quels sont les liens qui existent entre les deux ? Et les risques pour le salarié ? La CFTC répond à ces questions en quelques points clés.

Qu’est-ce que la “santé au travail” ?  

Parler de “santé au travail”, c’est questionner une démarche pluridisciplinaire qui, en associant salariés et employeurs, vise à créer des conditions de travail favorables à la santé. La notion de santé au travail ne renvoie pas seulement à un aspect médical : la santé du travailleur est à rechercher dans sa globalité.

Les conditions de travail regroupent les conditions matérielles, organisationnelles et psychosociales dans lesquelles le salarié exerce son activité :  

  • horaires et rythme de travail, délais, répartition des tâches, équilibre entre vie personnelle et vie professionnelle…
  • aménagement des postes, équipement, chaleur, éclairage, aération, bruit…
  • relations avec les collègues, la hiérarchie, les clients…
  • intérêt des tâches effectuées, capacité d’action et d’expression, autonomie, reconnaissance et valorisation des compétences…

Ces conditions de travail peuvent avoir un impact direct ou indirect sur la santé du salarié, à court ou plus long terme. Réciproquement, la santé du salarié peut impacter ses performances (et celles de l’entreprise). Travail et santé sont donc à envisager dans une relation d’interdépendance.

Travail et santé : quels sont les risques ?

La nature des risques et le degré d’exposition ne sont évidemment pas les mêmes dans toutes les professions, ni à tous les échelons (ouvriers, employés, cadres…). Il convient tout d’abord de distinguer les postes dits “à risques”, fixés par l’article R 4624-23 du Code du travail. Il s’agit entre autres des activités exposant à des produits chimiques, à des agents cancérogènes, à un risque de blessure ou de chute… La liste précise des postes à risques doit être établie dans chaque entreprise.

Si les impacts sur la santé du salarié sont multiples et bien réels, les répercussions pour l’entreprise sont nombreuses elles aussi : hausse de l’absentéisme, manque de discipline et d’assiduité, baisse de la productivité, augmentation des accidents, taux élevé de rotation du personnel… À noter que pour les entreprises de plus de 20 salariés, le coût des accidents du travail et des maladies professionnelles se répercute sur le montant des cotisations de Sécurité sociale.

Santé et sécurité au travail : que dit la loi ?

La législation française encadre la protection des salariés en matière de santé et de sécurité. Selon le Code du travail, chaque employeur doit prendre les mesures nécessaires pour assurer la sécurité des salariés et protéger leur santé physique et mentale (articles L. 4121-1 du Code du travail).

La loi du 8 août 2016 et le décret du 27 décembre 2016 modernisent les services de santé au travail. Cette réforme, entrée en vigueur au 1er janvier 2017, stipule que tout nouvel employé doit bénéficier d’une visite d’information et de prévention dans un délai de 3 mois à compter de sa prise de fonction. Dans certains cas, cette visite doit même intervenir avant l’affectation : salariés mineurs, travailleurs de nuit… Une visite médicale doit ensuite avoir lieu au minimum tous les 5 ans. Ce délai est ramené à 3 ans pour les salariés dont l’état de santé, l’âge ou la profession le nécessite. Tout salarié affecté à un poste présentant des risques pour sa sécurité bénéficie d’un suivi individuel renforcé.

L’importance de la prévention

Le troisième “Plan santé au travail” a été adopté fin 2015 par le Conseil d’orientation des conditions de travail (COCT) et constitue la feuille de route du gouvernement pour la période 2016-2020. Il marque un infléchissement majeur en faveur d’une politique de prévention qui anticipe les risques, au lieu de s’en tenir à une vision purement réparatrice. Il prend pleinement en compte la qualité de vie au travail. Son but : donner la priorité à la prévention en se tournant vers une approche positive du travail.

Les actions menées favorisent la conduite de projets expérimentaux en entreprise et la promotion des bonnes pratiques observées. Exemple : le développement du télétravail pour permettre une meilleure conciliation des temps de vie. Côté sécurité, il reste impératif de tout mettre en œuvre pour garantir un travail sûr et serein à l’ensemble des travailleurs, via la formation et la prévention. L’évaluation des risques professionnels et la formation aux règles de sécurité sont des obligations légales depuis 2001 mais elles ne pas toujours connues des employeurs et donc pas toujours respectées.

La CFTC vous accompagne au quotidien et se tient à votre écoute pour plus d’informations. Vous pouvez contacter le délégué syndical ou représentant CFTC de votre entreprise pour bénéficier de conseils personnalisés. Notre engagement : veiller au bien-être des salariés comme au respect des règles de sécurité, afin de faire du travail un vecteur de bonne santé, et non de maladies.