Le ministère de la Transition écologique lance une consultation sur des mesures pour accroître la collecte des déchets, dont la consigne. Il dévoilera fin mars sa feuille de route sur l'économie circulaire, pour réduire la mise en décharge et recycler 100 % des plastiques.

Et si les bouteilles plastiques, les canettes métalliques, voire les piles étaient consignées ? C'est une des idées soumises à partir de ce mardi à la consultation en ligne lancée par le ministère de la Transition écologique afin d'améliorer la collecte des déchets. Aujourd'hui, « on ne collecte que 56 % des bouteilles plastiques et on tombe à une ou deux sur dix dans les métropoles, du fait du nomadisme et du snacking », reconnaissait récemment Jean Hornain , le président de Citeo (l'ex-Eco-Emballages). Depuis cinq ans, des acteurs privés expérimentent des kiosques de collecte sur des parkings d'hypers ou supermarchés (une centaine de kiosques « Reco » de Suez et 52 kiosques d'Auchan allié à Cristaline, par exemple). Ils récompensent les particuliers par un bon d'achat de 1 à 2 centimes d'euros par bouteille plastique déposée, à dépenser dans le magasin partenaire.

10 à 25 centimes de consigne

Le système envisagé pour les bouteilles et canettes serait différent. « Ce ne serait pas une consigne de gratification mais de caution », précise le ministère, qui observe que dans les dix pays européens appliquant la consigne (soit 140 millions d'habitants), 10 à 25 centimes sont payés par le consommateur à l'achat et remboursés à la restitution du contenant vide. Le taux de retour dépasse les 80 %, voire 90 % pour les contenants de boissons en Allemagne, où la consigne varie de 8 à 25 centimes selon le type (jetable ou ré-employable) et le matériau. Alors qu'une majorité d'Allemands était opposée à la consigne sur les emballages jetables à son instauration, en 2016, 82 % y sont devenus favorables, souligne le cabinet de Brune Poirson.

Reste nombre de questions en suspens, notamment, comment gérer cette collecte parallèle au bac jaune, qui perdrait de sa valeur. Car les bouteilles plastiques ont une valeur, d'où les kiosques des acteurs privés. Si la consigne est adoptée (de fait, le ministère semble séduit), que deviendraient ces kiosques en place ?

La consultation publique sur la collecte s'achèvera fin février, avant que le ministère n'arbitre et dévoile fin mars la feuille de route économie circulaire. Visant à réduire de moitié la mise en décharge d'ici à 2025 et à recycler 100 % des plastiques, elle comporte trois autres volets qui donneront eux aussi lieu à des consultations publiques dans les prochains jours. Deux feront l'objet d'une communication du ministère vendredi. On attaquera alors le coeur du sujet : comment mieux produire, en favorisant l'écoconception et les matériaux recyclables. Lundi sera lancée la quatrième consultation, sur comment consommer durable et accroître le réemploi. Mais le ministère exclut l'interdiction de mise en décharge, tout au plus accroîtra-t-il sa taxation. Or cette interdiction est le dénominateur commun de tous les pays d'Europe performants en recyclage et en réemploi.

Myriam Chauvot